Cette photo, qui montre un âne tirer l’eau, montre clairement la profondeur du puits et illustre le problème du manque d’eau et surtout d’eau potable dans le village de Missirah Tabadiang. Le puits fait en effet plus de 35m. Pour la consommation personnelle, on puise directement l’eau, mais l’âne est nécessaire pour puiser l’eau destinée à abreuver le bétail.  

Il n’y a pas d’eau courante à Missirah Tabadiang, et le puits est la seule solution pour avoir de l’eau à proximité, mais l’eau du puits peut causer des maux de ventre, voire même entraîner la mort. Elle cause des problèmes de santé chez les villageois.e.s comme chez les animaux. En effet, le puits n’a pas de margelle, le tour n’est protégé que par du bois ; quand il pleut, l’eau ruisselle et emporte tout à l’intérieur, en polluant l’eau qu’on y puise. Par exemple, pendant l’hivernage, l’eau des champs qu’on a traité avec de l’engrais ruisselle dans le puits.  

Le village de Wassadou est trop loin pour aller y chercher l’eau, c’est pourquoi tous les matins à six heures, les femmes puisent l’eau, avant de la laisser reposer avec de la javel dans les bassines, puis la filtre, avant qu’on puisse la boire.  

Avant, il y avait aussi un jardin où les groupements de femmes pouvaient cultiver. Mais à cause du manque d’eau, elles cultivent maintenant derrière chez elles individuellement. Comme elles ne peuvent pas s’entraider (par exemple, s’occuper du champ d’une femme absente), les rendements sont moins bons. Elles ont moins de revenus du maraichage et moins de produits pour l’alimentation de leur famille. L’eau est un problème énorme pour les cultures, alors que la terre est très fertile à Missirah Tabadiang. 

 

Il y a toujours eu des difficultés par rapport à l’eau à Missirah Tabadiang, mais ces six dernières années, ça a vraiment empiré. En 2020, le manque d’eau était tel qu’il fallait aller à 15km du village pour laver le linge et faire boire les animaux. Une pompe manuelle avait été installée, mais l’eau était gâtée de toute façon. Pour faire face aux problèmes de l’eau à Missirah Tabadiang, un plaidoyer a été fait d’abord chez le maire, puis chez le sous-préfet et chez l’ONG Word Vision ont été faites pour avoir un forage.  

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